Marc Wilmots
confirme ce que les médias prédisaient depuis l’annonce du forfait de Vincent
Kompany : c’est bien Eden Hazard qui héritera du brassard de capitaine.
Dans une accélération dont il a le secret, il
virevolte entre les défenseurs Reds. Il arme un tir, l’envoi tout droit
dans le petit filet, trompe Simon Mignolet. 1-0. Eden Hazard est de retour.
Le Blues a livré une prestation 5 étoiles, mercredi
soir. Prestation à laquelle le sélectionneur belge a fait référence, pour
justifier son choix pour le poste de capitaine. Parce qu’il l’espère, c’est cet
Eden là qui mènera son équipe le plus loin possible dans la compétition, en
juin prochain.
La décision ne surprend véritablement personne. Depuis
l’annonce du forfait de Vincent Kompany, son nom circulait dans tous les
journaux. Et pour cause : en juin dernier, Wilmots l’avait nommé
vice-capitaine, en dépit d’autres joueurs plus capés que lui (comme Witsel,
Fellaini, ou Verthongen, par exemple).
Une saison
décevante
Rien d’étonnant, donc, même si depuis lors, Hazard
avait perdu de sa superbe. Une saison en demi-teinte, une longue blessure, des
rapports plutôt tendus avec son club, une chose est sure : dans une équipe
à la dérive, Eden n’a pas réussi à tenir le cap. Quatre buts inscrits pour
trois assists, des statistiques indignes d’un futur capitaine des diables. Si
sa bonne fin de saison lui a sans doute permis de reprendre confiance, n’a-t-il
pas perdu en partie celle de ses coéquipiers ?
Quoi qu’il en soit, Eden Hazard est bien déterminé à
briller lors de cet euro. Dans une interview, il annonce même qu’il veut être
« l’Homme de l’euro ». Une déclaration ambitieuse qui prouve sa
motivation, qualité indéniablement essentielle pour prétendre au titre de
capitaine. Oui, mais avant le mondial, Eden avait tenu les mêmes propos, avec
les résultats décevants dont on se rappelle. En se donnant de tels objectifs,
Eden Hazard ne se met-il pas une trop grosse pression sur les épaules ?
Sera-t-il capable de trouver le juste milieu entre réalisations personnelles et
prestation de groupe ?
Néanmoins, il faut bien l’avouer, le Eden du mondial a
beaucoup évolué en l’espace de deux ans. Cité comme l’un des meilleurs joueurs
de la phase de qualification, il a définitivement montré qu’il pouvait jouer
son meilleur football en équipe nationale.
La France, un pays
où il se sent bien
Et puis, en France, l’ainé des Hazard sera
certainement plus en confiance que jamais. Adulé par le public lillois, admiré
par les autres, il pourra probablement compter sur le soutien du pays dans
lequel il a été révélé. Il aura aussi a cœur de montrer l’étendue d’un talent
qu’ils ont, en premier lieu, eu le loisir de voir éclore.
Il est certain que remplacer Kompany dans un rôle de
leader qu’il tient depuis plusieurs années sera une tâche ardue.
Eden Hazard n’est peut-être pas le plus hargneux ni le
plus fédérateur. Il n’est pas de ceux qui tapent du poing sur la table quand
les choses tournent mal. Non, Eden Hazard n’est pas Kompany. Personne,
d’ailleurs, ne peut prétendre pouvoir être une parfaite doublure du Bruxellois.
Hazard peut se targuer d’avoir d’autres qualités. Il
est incontestablement un des leaders naturels sur le gazon. Son talent fait de
lui une référence pour l’équipe. Pour gérer le vestiaire, il pourra
également compter sur les autres membres du « conseil des joueurs » : Jan
Vertonghen, Axel Witsel, Nicolas Lombaerts et Thibaut Courtois.
Eden Hazard, le
« chouchou » de Wilmots ?
Le néo capitaine l’avoue lui-même, il partage une
relation privilégiée avec Marc Wilmots. Un lien qui lui permettra facilement de
dialoguer en cas de problème. Les deux hommes s’apprécient et le sélectionneur
a su mettre le joueur en confiance en lui donnant petits à petits de plus en
plus de responsabilités. En lui octroyant des petits avantages, aussi. Comme
l’exclusivité du maillot frappé du numéro 10 que le milieu offensif affectionne
tout particulièrement.
Des efforts qui payeront, peut-être, à l’heure où
Hazard devra se faire le relais entre ses équipiers et son coach.
Une chose est certaine : Eden marche avant tout à
la confiance. Celle du public, celle qu’il a en lui même, et surtout celle de
son coach. En le nommant capitaine, Wilmots aura certainement réussi à faire
d’une pierre deux coups : donner à son équipe un leader de choix et mettre
tout en œuvre pour que cette fois, Eden Hazard prenne dans une grande
compétition la dimension qu’on est en mesure d’attendre d’un talent de son
rang.
Florine Lorquet
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